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Lundi 29 novembre 2004 1 29 /11 /Nov /2004 00:00
On est partis chargés comme des mulets. Michel, notre ami à Taiwan, nous avait averti par mail : Si vous n’avez pas 25kg chacun en plus des bagages à main, on vous bat ! on vous dénonce ! on lâche le chien !
 
Nous voilà donc avec des montagnes de saucissons, de fromages, de chocolats, de jambons, et des livres pour les enfants. La veille du départ depuis Paris, la soeur de Michel nous remets encore deux valises à roulettes format “avion” avec aussi du fromage, des saucissons etc…et un carton de 10 litres de vin. Ah ! la bouffe française !
 
Elle nous apprend aussi que les douaniers laissent passer toutes les denrées alimentaires, sauf la viande. Ah, trop tard ! il faut juste prier pour que le maître-chien ne soit pas là à la douane. Par précaution je place les victuailles dans le sac selon une stratégie de leurre olfactif. La viande, au fond; par-dessus, un sac de fromages qui puent (dont un munster) et pour chapeauter le tout, deux paires de nu-pieds bien fait. Je ne sais pas si cela va tromper le chien mais cela découragera peut-être le douanier.
 
On fait une escale à Hong Kong de deux nuits. C’est le même prix. Pour nous alléger dans notre promenade, Michel a fait jouer son réseau pour nous trouver un frigo où stocker la marchandise (“please save the cheese”) De plus nous voulons faire un passage éclair en Chine, à la ville de Canton (Ganzhou) la première nuit pour rendre visite à un ami.
 
L’avion, c’est pénible. Nous avons obtenu un côté fenêtre, mais sans hublot ! On n’arrête pas de se tortiller et les films ne nous inspirent pas. Seul point positif mon voisin m’indique le nom de la Fnac locale d’Hong Kong, où acheter un appareil numérique à bon prix, mais sans entourloupes chinoises !
 
Atterrissage à 8h00. L’aéroport est immense, en plusieurs parties reliées par des trains automatiques. Aucun problème à la douane. Notre contact Kirstein (une amie américaine de Michel) n’est pas là, mais nous avons son téléphone. On reste un bon moment dans l’aéroport à récolter des infos avant de partir dans la ville: horaires et prix des bus et trains pour ne pas louper notre avion du surlendemain matin tôt ! On ne connaît rien et pour rentrer dans la vraie Chine, il faut peut-être un visa ? Les choses nous paraissent d’un coup compliquées, on est fatigués, on veut sortir de là: voir dehors! et on hésite à partir pour Guangzhou...
 
Une fois fin près, munis chacun d’une “Octopus card” qui permet de prendre train, metro, ferry, taxi et utiliser les cabines téléphoniques, on prend l’Aiport Express pour Central, la gare tentaculaire du centre ville. Nous sommes étonnés par le relief montagneux, et le ciel perpétuellement brumeux. Nous découvrons des collines escarpées couvertes de jungles, avec des buildings qui poussent comme des champignons à leurs pieds. Des rocades montées sur piliers slaloment dans le relief. Parfois on surprend une petite cabane en tôles devant laquelle picorent quelques volailles, ou encore de minuscules ports de pêche. La fin du trajet se passe sous terre, puis nous enchaînons par un taxi car nous avons trop de bagages pour nous déplacer à pied.
 
Kirstein habite au 40éme d’une tour situé elle-même au sommet d’une colline. On a un panorama impressionnant sur la passe entre Hong Kong et Kowloon. Depuis l’aéroport jusqu’ici, on n’a jamais respiré l’air libre. Tout est conditionné. Après une bataille contre l'indicatif téléphonique, on parvient à joindre Nicolas, qui nous explique comment le rejoindre à Guangzhou.
 
« Prendre la ligne rouge jusqu'à Prince Edwards, changer pour la ligne bleue jusqu'à la gare de Kowloon, Puis un train jusqu'à Shenzhen, passer la frontière en baratinant que l’on va juste 24h pour une foire à Ganzhou, et enfin prendre un dernier train pour l’arrivée. Le trajet total dure 2h, il y a un train par heure ». C’est parti ! Nous replongeons dans le dédale de couloirs et de panneaux en chinois. Laurence accuse le coup du décalage horaire et somnole sur mon épaule.
 

La fatigue me cloue sur la banquette ; ce sont les premières minutes de répit depuis l’atterrissage : on a couru partout dans un labyrinthe où ce n’est pas seulement l’air qui est conditionné ! Je me laisse guider par Alexis qui fonce dans les couloirs des gares et douanes successives : il a l’air de lire et comprendre le chinois ! Je suis abasourdie par « l’efficacité » ambiante, les chinois foncent encore plus vite ! On dirait que c’est l’heure de pointe tout le temps. À chaque coin de couloir, des « agents de circulation des personnes » en uniformes fluos indiquent quel chemin suivre avec des petits drapeaux à bout de bras et rattrapent les éléments égarés, d’autres accélèrent le rythme en répétant des slogans dans des hauts parleurs. Je me sens oppressée à leur place : Eux ils ont l’air motivés … motivés de travailler pour un avenir meilleur…

 
À Shenzhen, les choses ne se passent pas exactement comme prévues, mais Nicolas nous avait bien prévenu, ici, les règles du jeu changent tous les mois ! Il nous faut un visa chinois d’un mois à 38€ chacun, ce qui est fait en 20 minutes, étonnant. Après coup on comprend que l’on aurait pu ruser en ne prenant qu’un pass pour Shenzhen à 15€, car une fois passé la frontière, il n’y a pas de contrôle entre Shenzhen et Ganzhou, appartenant toutes deux à la même région.
 
Shenzhen est une grosse ville collée à la frontière du territoire Hongkongais. Il y a 14 ans, il n’y avait que des rizières, nous expliqueras Nicolas, pourtant on ne compte plus les grattes ciels et cela continue de pousser ! La ville est plutôt malfamée, c’est là qu échouent ceux qui n’ont pas la « chance » d’atteindre Hong Kong.
Le long de la voie, le paysage est moins accidenté que sur la côte. Nous croisons des tableaux qui évoquent la Chine ancienne, avec des gens couverts d’un chapeau chinois, travaillant courbé dans les champs ou transportant des charges suspendues à une barre en travers des épaules. Entre deux rizières surgissent des séries d’immeubles très hauts ou des usines grisâtres d’apparence délabrée, peut être les cimenteries qui produisent le béton nécessaire à toutes ces nouvelles constructions. À la sortie du train les chinois sont plutôt sympathiques et essayent de nous aider bien qu’aucun ne parle anglais.
Finalement on parvient à joindre Nicolas et convenons d’un rendez-vous avec Lisu son épouse, chinoise de Shanghai.
 
En montant dans le taxi Nicolas lance : « Vous voulez connaître la Chine, la vraie Chine ? »
Ils nous invitent à la découverte du quartier populaire de Guangzhou ; ses dédales étroits, ses échoppes, bazars, petits restaurants et coiffeurs masseurs établis aux rez-de-chaussée de petits immeubles collés les uns aux autres et qui se touchent presque à partir du deuxième étage…
 
On a faim ! On n’a rien mangé depuis le casse-croûte de l’avion ! à part une « pâtisserie » achetée dans la gare à Hong Kong : une espèce de beignet sucré dessus et fourré avec une sauce oignon et bouts de viandes, ça m’écoeure encore rien que d’y repenser !
Alors Lisu choisit un restaurant et quelques plats typiques à commencer par des pieds de poules bouillis et fris. De loin ça ressemble à des petits beignets de crevette par lesquels je décide de commencer ! « hyper open » me lance Nicolas surpris ! je reregarde mon beignet (grimace interrogative) qui se transforme… en pied de poulet ! ok, je me lance et trouve ça même très bon …la suite, c’est que des bonnes surprises culinaires ; Il faut dire que Lisu a négocié pendant près d’une demi-heure la composition des plats comme il va de soi ici.
 
Canton est la ville de la gastronomie chinoise, on y mange tout ce qui a quatre pattes sauf les tables et les chaises. Encore merci ! On passe la soirée à parler de voyage, de la Chine en sirotant des verres de thé ;Le lendemain, Lisu nous guide à travers différents quartiers de Guangzhou où l’on découvre un millier de choses en vrac dans nos esprits et nos corps fatigués…
 
il est 15 heures déjà on prend le chemin du retour vers Honk Kong : même cirque, rebelote, je m’écrase sur la banquette et dors la bouche grande ouverte jusqu’à Shenzhen.
 
Où en est-on maintenant ?Nous sommes bien arrivé à Ping Tung au sud de Taiwan. Nous sommes depuis 2 semaines environ chez Michel et Teresa. Nous avons déjà bien exploré les alentours : les temples taoites au panthéon bien garnis, les montagnes interdites et la culture aborigène, les marchés animés jusqu’au milieu de la nuit, une source d’eau chaude pour un bain de minuit, une colline entière transformée en « Bouddha Land»
Plusieurs rencontres amusantes; c’est marrant de voir la tête des taiwanais quand on débarque dans un bar avec 10 extraterrestres africains ! Laurence termine une peinture dans l’entrée de la maison. Nous partons mercredi pour un tour du sud de l’île en moto.
 
On vous fera une description plus détaillée de la vie à Taiwan après cette excursion.
Par Alexis et Laurence - Publié dans : Taiwan
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